Comme chaque année, cette fête de l’amour filial et de l'esprit familial va être célébrée successivement par tous les enfants et de nombreux adultes de tous âges, dans chaque pays à sa propre date et selon ses propres coutumes, mais finalement à travers le monde entier.
Si une chose fait bien l’unanimité dans le coeur des êtres humains et qu’ils partagent en commun, c’est bien cette fête-là. Même si Noël, le Jour de l’An et la Journée internationale des Femmes sont célébrés quasiment dans tous les pays, la Fête des Mères est la seule fête qui est célébrée par tout le monde, aussi bien par les enfants que les adultes, les femmes aussi bien que les hommes, et de plus quelle que soit la condition sociale, l’origine ethnique et la religion des personnes.
Imaginez un instant que la Terre est un grand coeur. Imaginez maintenant tous les millions de coeurs d’enfants en train de battre d’amour à l’unisson autour du monde ! N’est-ce pas au fond le plus formidable symbole d'amour qui existe au monde ? Quand on y pense bien, la Fête des Mères est en elle-même un grand cadeau légué à l’humanité toute entière, et il nous a été inspiré par nos mères. Par delà l’hommage fait aux Mères et leur rôle dans la société, c’est aussi une source de fierté pour toutes les femmes.
Aussi, à l'instar du mouvement "Remboursez au suivant" initié sans tambour ni trompette pour la première fois en 1976 en Cote d'Ivoire et de la proposition faite avec un groupe d'amis en 1986 en vue de créer le Prix Félix Houphouët-Boigny pour la recherche de la paix, finalement institué en 1989, je suggère ici à l'UNESCO, publiquement et encore une fois en toute humilité, que la Fête des Mères fasse partie du patrimoine culturel immatériel de l'humanité et qu'un fonds international soit institué afin d'aider tous les enfants de familles pauvres à pourvoir célébrer eux-aussi la Fêtes des Mères comme ils le souhaitent et pour récompenser par pays la meilleure contribution en faveur de la célébration des Mères pour qu’elle soit connue le plus largement possible et devienne une source d’inspiration pour tous.
Cette année, la Fête des Mères tombe le premier dimanche de juin en France, dans les Antilles françaises, en Polynésie française, à Monaco, à Madagascar, à Maurice et dans différents autres pays francophones d'Afrique, à savoir le 3 juin 2012. Après avoir été célébrée dans plus de la moitié du monde, dont le jeudi 10 mai au Mexique, au Guatemala et au Salvador, et le dimanche 13 mai au Canada, en Belgique, en Suisse, aux États-Unis et dans de nombreux autres pays, elle va continuer à l’être dans le reste du monde à différentes dates et de manières plus ou moins différentes. Autrement dit, le Monde n’arrête pas de respirer au rythme de l’Amour, quel que soit ce qui peut se passer par ailleurs dans le monde.
Voici donc quelques informations et réflexions sur la Fête des Mères, son origine selon les pays, son histoire à travers les siècles, l’évolution de sa symbolique dans le monde, ses différentes dates de célébration selon les régions et diverses idées de cadeaux.
En plus, bien sûr, de ne pas oublier de montrer tout au long de l'année à votre maman que vous l'aimez et pensez bien fort à elle tout le temps, que ce soit par une visite, un coup de fil, un email, un SMS ou un petit mot gentil écrit à la main, la Fête des Mères est une occasion merveilleuse de lui offrir un petit cadeau, non pas n’importe quel cadeau que vous pouvez trouver dans les diverses boutiques de cadeaux ou d’objets à offrir, mais quelque chose de personnel ou de non habituel, qui lui fasse plaisir en tant que maman et lui rappelle vos sentiments en tant qu’enfant que vous êtes encore et à jamais pour elle.
C'est aussi un beau moment pour honorer de manière plus officielle votre mère et surtout lui démontrer une fois de plus tout l'amour que vous lui portez.
Quoique certains puissent dire, à tort ou à raison, selon le point de vue adopté et l'âge de leur coeur, que la Fête des Mères est une fête assez nulle, craignos comme disent les jeunes ou un peu quétaine comme on dit au Québec, voire ringarde, désuète, archaïque, démodée ou dépassée, qu’elle a un côté fleur-bleue ou par trop sentimental, qu’elle a un relent des politiques natalistes d’autrefois qui valorisaient les mères de famille nombreuse, qu’elle a été banalisée ou dénaturée par notre société de consommation, qu’elle n’a plus la même signification profonde qu’autrefois ou qu’elle est devenue une fête plus ou moins mercantile de nos jours, ce n'est pas une raison de ne pas honorer sa mère.
Bien au contraire, c’est un bon motif pour lui montrer que, pour vous, la Fête des Mères n’est pas un jour comme tous les autres, mais un jour spécial, consacré à elle seule, pour lui manifester toute votre reconnaissance, et qu’elle n’est pas non plus une fête comme les autres, c’est-à-dire semblable à celles où différentes personnes, parents, amis et connaissances, se réunissent pour célébrer un évènement ou passer du bon temps ensemble, comme Noël ou le réveillon du Nouvel An, ni une fête à spectacles comme le Mardi-Gras, ni une fête nationale comme le 14 juillet, ni une fête religieuse comme Pâques ou la Toussaint, mais une fête privée, de nature personnelle, entre vous et elle, pour remercier tout spécialement celle qui vous a porté, nourri, dorloté, élevé, éduqué, écouté, consolé, soigné et choyé.
Même si la période de la Fête des Mères est une occasion pour les divers commerces de réaliser de bonnes affaires, parmi bien d’autres, et pour l'État d'encaisser des taxes, est-ce une raison de ne rien d’offrir à votre maman ? Il ne faut pas oublier que les commerçants vous proposent diverses idées de cadeaux, certes pour faire des profits, mais aussi pour vous éviter d’avoir à fabriquer quelque chose par vous-même, comme le font les enfants.
De toutes les façons, l’essentiel n’est-t-il pas d’honorer votre mère d’une manière ou d’une autre ? Le plus important est de lui dire "Je t'aime, Maman", quel que soit ce que vous lui offrez par ailleurs. En d'autres mots, "Dites-le avec des fleurs, mais toujours avec le coeur", comme le disait une fleuriste de mon enfance.
A ce propos, les Japonais ont l'habitude d'offrir des fleurs rouges à leur maman, en particulier des œillets, en guise de remerciement pour tout ce qu’elle a fait et pour exprimer leurs sentiments et leur respect envers elle. Outre sa symbolique, c'est aussi une jolie plante ornementale. Un très gros bouquet d'oeillets de différentes couleurs (il y a plus 300 espèces) dans un gros vase fait une belle décoration. Dans le langage des fleurs, l'œillet est le symbole de l'amour. Par ailleurs, il est curieux de constater que le mot oeillet est un terme d’origine grec signifiant fleur des dieux et symbolisant la victoire de l'amour sacré dans le monde divin, que Romains de l'antiquité le surnommaient "Fleur de Jupiter" et le cultivaient pour faire honneur aux Dieux, et qu'au Japon les oeillets sont depuis toujours considérées comme des fleurs sacrées.
Que ce soit au plan individuel comme au niveau collectif, c'est une fête toute particulière, à nulle autre pareille. Elle permet de nous rappeler tous les sacrifices que font les mamans pour leurs enfants et leur famille, non pas simplement votre propre mère mais toutes les mères, y incluant les mères d’adoption, les belles-mères et les parents de famille monoparentale, et ce d'autant plus qu'il n'est pas vraiment facile de nos jours de concilier la vie professionnelle et sociale avec la vie de mère de famille. Aussi, il est important de souligner que si les mères de famille au foyer sont toutes méritoires, les mères célibataires, veuves ou divorcées méritent encore plus notre respect, ainsi bien sûr que les pères célibataires qui élèvent seuls leurs enfants comme le ferait une mère.
Sauf à être ingrat, inconscient ou insouciant, l’enfant que nous sommes tous ne peut oublier que non seulement elle s’est occupée de nous avec abnégation et patience pendant de longues années, mais qu’elle continue encore et toujours à nous aimer et souhaiter tout le bien possible, et ce inconditionnellement, malgré tous les tours pendables qu’on a pu faire dans notre enfance, les petites phrases assassines prononcées lors de notre adolescence, les inévitables tensions familiales, mésententes ou conflits et toutes les circonstances de la vie. Le coeur des mères est tellement grand qu’elles nous pardonnent tout, oublient tout le mal qu’on pu faire ou passent l’éponge. Le minimum que l’on puisse faire, c’est de penser à elle aussi à notre tour. Bref, c’est une fête familiale intimiste et familiale qui ne peut pas être oubliée.
Bien entendu, encore une fois, et contrairement aux autres fêtes qui sont des occasions uniques, par ex. les anniversaires, un mariage ou un baptême, la Fête des Mères n’est pas le seul moment de l’année où vous pouvez lui dire ‘’Je t’aime, Maman’’, que ce soit de vive voix, en lui offrant un bouquet de fleurs, une boite de chocolats, un roman ou autre bon livre, ou mieux quelque chose d’inhabituel (toutes les Mamans adorent les surprises qui démontrent l’attention qu’on leur porte), en lui préparant un gâteau ou son mets préféré, en l’invitant à déjeuner dans un restaurant gastronomique, une pâtisserie, un café chic, un salon de thé ou tout autre bel endroit, ou bien encore en lui envoyant une petite carte spéciale, agrémentée d’un poème ou de quelques mots d’amour de votre cru, ou bien encore enjolivée avec un miroir gravé.
Bien entendu, la même remarque vaut également pour la Fête des Amoureux du 14 février qu'est la Saint-Valentin.
Par ailleurs, certainement comme la plupart du monde de nos jours, vous êtes très probablement sans arrêt occupé, pressé, stressé ou sollicité de toutes parts, et sûrement très absorbé par toutes vos multiples obligations et vos diverses activités, professionnelles, sociales, familiales et autres. Finalement, vous avez peu ou pas de répit et n’avez pas beaucoup de temps à vous, et donc éventuellement encore moins pour penser régulièrement à votre mère. Le résultat est que nous ne lui montrons pas assez souvent que nous l'aimons.
Malgré toute notre bonne volonté et nos bonnes résolutions, force est de constater que malheureusement nous sommes tous plus ou moins affectés par ce fait de société qui nous amène à ne pas penser suffisamment souvent à tous ceux que nous aimons. Si la Maladie d’Amour “nous fait parfois souffrir toute une vie’’, comme le dit si bien le célèbre chanteur français Michel Sardou, le manque d’amour, ou du moins de démonstration réciproque, fait pleurer bien des mères dans le silence de leur coeur. Alors, pour toutes les fois où vous avez oublié de dire ‘’Je t’aime Maman’’, profitez au moins de cette fête pour lui offrir un petit quelque chose de durable, de remarquable, d’unique ou d’original et qui restera à jamais gravé dans son esprit.
Il est aussi important de souligner que, depuis des temps immémoriaux et dans la plupart des pays, il y a toujours eu un jour spécial, durant une certaine période de l'année, où les Mères étaient célébrées collectivement d'une manière ou d'une autre, et ce jusqu'à l'arrivée des religions monothéistes (plus précisément au fur et à mesure de l’expansion des trois religions abrahamiques que sont le Judaïsme, le Christianisme et l'Islam) où le concept du Père a remplacé celui de la Mère, après une plus ou moins longue période de polythéisme.
Cette mutation radicale de la vision cosmogonique du monde a eu divers impacts. Elle a non seulement fait disparaitre les mythes fondateurs initiaux de la création de l’univers et de son évolution et instauré un nouveau modèle idéal de penser, de faire et de se comporter, mais elle a aussi détruit, par ce fait même, probablement sans le vouloir explicitement, toute l’importance qu’on accordait aux forces naturelles et aux dimension spirituelles de l’Amour (avec un grand A, non pas simplement les sentiments d'attachement et de tendresse envers un être ou une chose, le désir ou l'attirance qu'une personne éprouve pour une autre, l'affection d’un parent pour son enfant et l'altruisme ou l'empathie, mais aussi l'Esprit de la Vie, en tant que forces de perpétuation des êtres vivants, de renouvellement du monde, de rénovation périodique de la nature, de mutation et de transformation) et donc tout ce que représentaient autrefois les Mères de famille.
Ce changement de paradigme (c’est-à-dire de notre façon d’appréhender les choses et de notre mode de pensée) n’est pas anodin. Il a non seulement provoqué une diminution progressive du profond respect accordé aux Mères de famille, en particulier, et aux Femmes, de manière générale, et, par voie de conséquence ou par ricochet, à l’ensemble des êtres vivants, mais il a aussi entrainé insidieusement une forte réduction du pouvoir que les femmes avaient dans les temps anciens, de leur importance, de leur rôle et de leur place dans la société, et ce en plus d’avoir fait disparaitre la dimension ésotérique de la Fêtes des Mères et de la mettre au rang de simple coutume jusqu’à ce qu’elle ne devienne plus qu’une fête laïque telle qu’on la connait aujourd’hui.
Du temps de la civilisation celtique, qui allait du sud du continent européen jusqu’en Anatolie (partie de l’actuelle Turquie où habitaient les Galates, un peuple celte), entre le IIème millénaire av. J.-C. et le Vème siècle environ, époque où les divers peuples d’Europe croyaient en un unique principe divin féminin, où la féodalité n’existait pas, ni l’esclavage, ni l’exploitation de l’homme par l’homme, et où les femmes jouaient un rôle important, voire prépondérant notamment à travers la classe des prêtresses, les Mères de famille étaient célébrées en grande pompe lors de la fête d’Imbolc consacrée à la divinité primordiale Brigit.
Connue aussi sous les noms de Brigantia, de Boand et de Boann), cette Grande Mère à tous était la déesse-mère de tous les dieux (qui, semble-t-il, n’étaient que des symboles des divers éléments naturels, sans figure humaine, ni totem), l’esprit de la Vie fécondateur de tous les êtres, générateur de toutes les choses et moteur du monde, ainsi que la patronne des Druides. Pour info, contrairement à ce que certains ont pu dire, les druides n’étaient pas similaires aux chamanes indiens, ni aux sorciers africains, mais jouaient un rôle assez semblable aux rabbins ou aux imams, c’est-à-dire à fois ministres du culte, juristes et juges. Avant toutes choses, ils étaient les gardiens du Savoir et de la Sagesse collective et des secrets spirituels, dont certains ont perduré plus ou moins tels quels, comme par ex. le pouvoir de la foi, aimer son prochain comme soi-même, honorer son père et sa mère, etc., ou ressurgi récemment sous d’autres noms, tels que par ex. le pouvoir de la visualisation créative, l’importance de la solidarité, la nécessité d’être fraternel et compatissant, etc., et le respect de la nature.
Au cours de ce culte de purification et du renouveau, célébré à une date correspondant au 1er février de notre calendrier actuel, diverses cérémonies se tenaient tout au long de la journée.
Durant le jour, divers chants, prières et incantations étaient récité afin de favoriser la prospérité, le renouveau de la nature, la fertilité des terres et la fécondité des femmes, selon ce que rapportent les écrits des anciens philosophes grecs et des envahisseurs romains en Gaule (notamment ceux de Jules César qui s’étonnait de la stricte et juste égalité entre hommes et femmes de tous les peuples celtes, et qui par ailleurs admirait et enviait le courage des femmes gauloises), les contes et légendes des peuples nordiques et germains et le peu qui reste de la culture celte, notamment en Irlande, dans certaines régions de la péninsule ibérique et dans la Bretagne française.
A la tombée de la nuit, les villageois parcouraient les champs en tenant des flambeaux pour symboliser la recherche de la Déesse de la Lumière et en priant la Déesse de purifier la terre avant les semailles.
Pour info, il importe de noter une coïncidence étrange. C'est à la même date qu'on fête actuellement la Sainte-Brigitte, et le lendemain qu'on célèbre la Chandeleur, c'est-à-dire la fête chrétienne commémorant la Purification de la sainte Vierge et la Présentation de l'enfant Jésus au Temple de Jérusalem. Comme quoi les temps changent, mais les coutumes persistent bien souvent sous d'autres noms.
Par ailleurs, les bardes lisaient des poèmes en l’honneur des Mères de famille, chacun des jeunes gens venait vanter tour à tour les qualités et mérites de leur jeune épouse et les vertus de la bonne éducation qu’elle donnait à leurs enfants, et les enfants moins timides que d’autres venaient proclamer l’amour qu’ils portaient à leur mère, ainsi qu’à leurs tantes et grand-mères. C’est du moins aussi ce qui a été transmis oralement de génération en génération dans ma famille paternelle qui est d’origine celte (et un descendant de l’un des rares survivants du Génocide Vendéen qui a eu lieu entre 1793 et 1794 durant la Révolution Française, laquelle a non seulement commis un populicide avec des massacres atroces et en masse de femmes et d’enfants, mais aussi un mémoricide sans précédent dans l’histoire de l’humanité, en plus d’avoir supprimé les fêtes catholiques et autres contraires à l’esprit républicain de l’époque, notamment la Fête des Mères qui durant tout le Moyen-Age était célébré le 15 août, jour de l’Assomption, c’est-à-dire de la montée au ciel de Marie, mère de Jésus et modèle de l'amour maternel).
Ce culte de la Déesse mère aurait été universellement pratiqué pendant plus de trois millions d’années, de l’apparition de l’humanité jusqu’à la fin de la préhistoire, c’est-â-dire jusqu'au moment de l’apparition des premiers documents écrits vers 3500 ans avant notre ère. Curieusement, l’avènement de l’écriture a entrainé des bouleversements dont l’histoire officielle parle peu et qui sont pas mal mystérieux, comme si on passait presque soudainement d’un monde à l’autre, peut-être parce que l’écriture entraina une complexification de la pensée, qui à son tour entraina une dislocation du principe divin féminin unique, en distinguant tous les différents attributs et symboles de la divinité, puis en les scindant, jusqu’à en faire des dieux et déesses à part entière.
Quoique le culte de la Mère universelle persista pendant longtemps encore, partout sur le continent européen, aussi bien chez les Celtes que chez les peuples germaniques et nordiques, il perdit de son importance, en tant que culte primordial et unique, dans d’autres régions, puis disparut en tant que tel, quand les Hommes donnèrent plus d’importance aux dieux masculins (à figure humaine ou sous la forme d’animal-symbole mâle) ou de sexe indéfini (asexués ou hermaphrodites).
Ainsi, en Égypte, pratiquement dans le même temps qu’apparaissaient les premiers hiéroglyphes, le concept de la Mère universelle est remplacé par celui du démiurge Atoum (entité asexuée, créatrice de l'Univers issue du Noun, c'est-à-dire l'océan primordial), lequel a confié aux Pharaons, dits les Suivants d’Horus, le soin de mettre en oeuvre sur terre la règle de Maât (divinité représentant l'ordre juste). Pour rappel, Horus est le fils d'Osiris et d'Isis (qui est la déesse universelle et la femme que la Kabbale juive appelle Lilith, c'est-à-dire l'autre première femme d’Adam, avant Ève, dont parle, sans la citer nommément, le récit de la Genèse).
En Mésopotamie (région correspondant en grande partie à l’Irak actuel), ce qui restait de la Grande Mère devint la Déesse-mère Ninhursag. Connue aussi sous d'autres noms, dont Aruru et Mama, cette divinité (qui créa le héros sumérien Enkidu à partir d'un morceau d'argile) perdit son prestige au fur et à mesure qu’augmentait celui d'une divinité hermaphrodite, Ishtar, déesse de l’amour physique et de la guerre qui régissait la vie et la mort.
Par ailleurs, à titre de rappel historique, cette même époque du début de l'écriture a été marquée par l’avènement de deux autres religions diamétralement opposées, l’Hindouisme et le Judaïsme, qui elles ont continué à exister jusqu'à nos jours, contrairement aux autres qui ont disparu avec l’extinction de la civilisation dont elles faisaient partie intégrante.
Par la suite, l’importance du culte de la Déesse Mère a commencé à diminuer progressivement dans divers pays, notamment européens, avec la multiplication de toutes les sortes de fêtes et de cérémonies dédiées à une multitude de dieux, c'est-à-dire à partir de la période du paganisme où les antiques croyances gréco-romaines et autres cultes polythéistes et animistes ont supplanté le concept du Dieu unique féminin, jusqu'à ce que ces religions païennes soient elles-mêmes remplacées au fur et à mesure de la diffusion des religions révélées que sont le Christianisme puis l’Islam.
Cependant, la Fête des Mères, en tant que fête religieuse, a continué à persister de diverses manières jusqu’à la fin du IIIème siècle dans la plupart des pays, pour finalement disparaitre complètement au cours du Vème siècle en Europe, avec l'acculturation chrétienne des populations, puis dans les pays du Moyen-Orient à partir de l’Egire (en l'an 622, date qui marque le début de l'expansion de la religion musulmane), puis en Indonésie vers la fin du XIIIe siècle et enfin dans les différents autres pays.
Toutefois, en particulier en Gaule et dans les autres pays sous la coupe de l'Église catholique de Rome, tout ce qui constituait le concept de l'ancienne fête religieuse de la célébration des Mères n'a pas disparu intégralement, notamment l'aspect célébration d'un modèle idéal de Mère et, dans une moindre mesure, ses côtés représentation de la Féminité divine. En fait, cette ancienne fête a été plus ou moins adroitement substituée par une nouvelle fête chrétienne, d'abord la fête de la Purification de la Vierge, célébrée dans la même période de l'année (le 2 février, afin qu'elle soit adoptée sans trop de réticences), à laquelle sont venues s'ajouter deux autres fêtes, l'Annonciation de l'ange Gabriel (célébrée le 25 mars) et la fête de la Sainte-Vierge (dite de l'Assomption, célébrée le 15 août, en souvenir de sa montée au Ciel), en supprimant tous les aspects païens de l'ancien culte ou en détournant leur symbolique, en conservant l'aspect archétype (exemple suprême de Femme et symbole de perfection pour les mères), et en y ajoutant de nouveaux éléments pour qu'elle soit conforme au dogme chrétien tel que conçu par le Pape. Il n'en va pas de même dans les autres pays touchés par la Réforme protestante, à partir du XVème siècle, où le culte des Saints est rejeté, ainsi que l'invocation de la Vierge Marie, sauf pour les Anglicans qui continuent à la fêter comme enfantée par l'Esprit, mère de Christ et Siège de la Sapience.
Dans la Grèce antique, du début du VIIIème siècle avant J.-C. (c'est-à-dire à la fin de la période sombre qui a suivi la chute de la Civilisation minoenne) jusqu'au moment où la Grèce est passée sous la domination romaine au IIème siècle av. J.-C., les Mères étaient fêtées publiquement lors des cérémonies printanières en l'honneur de Rhéa (surnommée aussi Cybèle par les Romains), dite la Grande Mère. Fille d'Ouranos (divinité représentant le Ciel) et de Gaïa (divinité représentant la Terre-Mère, ancêtre maternelle des différentes races divines et créatures, qui donna naissance, par la seule force de son Esprit, à Ouranos avec lequel elle s'unit), cette titanide (c'est-à-dire une divinité primordiale géante issue du Chaos originel) est la est la mère de tous les dieux, et donc celle de Zeus (le roi des dieux de l'Olympe) qu'elle eut avec son frère Cronos. Ce culte d'un genre assez particulier était rendu aux ides de Mars (c'est-à-dire le 15 mars) dans toute l’Asie mineure.
Dans la Rome antique, dès le Vème siècle avant Jésus-Christ et jusqu'à l'interdiction officielle du paganisme dans tout l'Empire romain (en 391), les matrones (c’est-à-dire les mères de famille citoyennes romaines) étaient célébrées lors des cérémonies appelées Matronalia. Cette fête à la fois festive et religieuse avait lieu le 1er mars de chaque année. Diverses activités s'y déroulaient pour célébrer tout à la fois la naissance de Rome (sauf au début de chaque centenaire où elle était célébrée le 21 avril lors des jeux séculaires ), le Printemps, les enfants et les mères. A cette occasion. les matrones recevaient des cadeaux et de l'argent de leurs époux. Par la suite, elles se rendaient au temple dédié à la déesse Junon (reine des dieux, fille de Rhéa et de Saturne, et protectrice des jeunes épouses) pour lui offrir des fleurs.
Mais cela ne veut pas dire qu'un autre type de Fête des Mères, plus ou moins similaire ou différente, n'ait pas été célébré ailleurs, comme c'est le cas notamment sur le continent américain. Cela ne veut pas dire non plus que les Mères ne soient pas célébrées, honorées ou fêtées d'une tout autre façon, comme cela se passe notamment en Afrique.
Ce qui est sûr, c'est que la Fête des Mères, en tant que jour spécial, ne fait pas partie des traditions africaines, ni d'ailleurs les autres fêtes familiales de même nature que sont la Fête des Grand-Mères et la Fête des Pères, lesquelles trois fêtes sont toujours considérées comme des "traditions de blancs" par beaucoup des personnes, ni non plus la Fête des Enfants (qui est une tradition d'origine chinoise célébrée dans de nombreux pays d'Asie, entre autres au Japon).
Quoiqu'elle fasse partie des calendriers officiels, la Fête des Mères n'est pas encore célébrée actuellement par tous les enfants et les adultes de tout âge comme en France ou au Québec, ni aussi largement qu'aux États-Unis ou qu'en Angleterre, à part dans quelques familles occidentalisées de la classe moyenne qui vivent dans des régions plus développées que d'autres, comme par ex. dans les quartiers aisés d'Abidjan en Côte d'Ivoire et de Dakar au Sénégal, car une grande partie partie de la population reste pauvre ou manque de moyens financiers suffisants, et encore, elle n'a pas le même côté affectif ou sentimental que dans la plupart des familles européennes ou nord-américaines. D'autre part, si les gens commencent à s'y intéresser de plus en plus dans les grands centres urbains, au fur et à mesure que progresse la mondialisation, il y a encore très peu d’adultes qui la connaissent ou qui pensent à ce jour-là dans les zones rurales.
Malgré le fait que pratiquement tous les enfants y sont sensibilisés par leur école et ont plaisir à faire des cadeaux immatériels (comme par ex. faire le ménage ou réciter des poèmes), beaucoup de leurs parents la considèrent au fond soit comme une fête inutile (en tant qu'occasion d'offrir et de recevoir un cadeau), voire incongrue, ou trop couteuse pour eux. Si c’est la coutume d’offrir un cadeau symbolique au chef de village et aux anciens (de ne pas venir les mains vides et d’apporter la nouvelle, selon l’expression), ou le cas échéant quand on rend visite à quelqu’un, les enfants n’ont pas l’habitude d’offrir des cadeaux à leurs parents.
Ceci dit, comme on le fait de la maternelle jusqu'à la fin du primaire dans les écoles françaises, belges ou québécoises, dans tous les endroits où il y a des établissements scolaires, que ce soit par ex. à Yaoundé ou à Douala au Cameroun, à Porto-Novo ou à Cotonou au Bénin, à Ouagadougou ou à Bobo-Dioulasso au Burkina Faso, à Lomé ou à Sokodé au Togo, les enfants africains fabriquent diverses sortes d'objet sous la houlette de leur instituteur ou institutrice, qu'ils offrent ensuite à leur maman.
Outre le fait que les relations parents-enfants sont fondamentalement très différentes en Afrique par rapport à celles qui existent dans les familles occidentales ou asiatiques, il n’existe pas dans les diverses cultures africaines la moindre coutume consistant à mettre l’emphase sur certaines catégories de personnes à certaines dates bien définies (malgré le fait que l'Afrique ait eu son lot d'héros et d'héroïnes du temps des Grands Empires, entre autres la Reine Pokou en Côte d'Ivoire) ou à donner plus d'importance à certains jours qu'à d'autres (sauf la date de l'indépendance nationale, depuis la décolonisation), contrairement à ce qui se passe ailleurs depuis fort longtemps, notamment en Europe et en Asie.
Bien au contraire, dans toute l'Afrique, on fête la vie tous les jours, sans attendre un jour particulier, et la moindre occasion de célébrer quelque chose peut donner lieu à des festivités, voire se transformer en fête populaire où plein de gens dansent et chantent dans les rues. Même si les fêtes traditionnelles se tiennent à date fixe ou à un certain moment de l'année, leur jour de célébration n'est pas considéré comme une journée exceptionnelle, mais comme une journée normale où se déroule simplement un évènement particulier, qui n'est pas fondamentalement plus important que toutes les autres activités de la vie en communauté.
De plus, les différentes fêtes à date fixe qui existent (traditionnelles, religieuses, nationales et à caractère international) sont l’affaire de tout le monde, et non pas simplement d'une famille ou d'un petit groupe de personnes, sauf éventuellement les fêtes des divers partis politiques, celle du parti unique fondé au moment de la décolonisation ou de ceux créés après l'indépendance, qui s’adressent essentiellement à leurs militants et sympathisants même si elles sont largement ouvertes à tous, comme le sont toutes les autres fêtes. Se tenant presque toujours dans un lieu public, elles donnent lieu à des réjouissances populaires, qui sont le plus souvent accompagnées de danses folkloriques et qui peuvent durer toute une journée jusqu'à très tard dans la nuit et même parfois plusieurs jours selon leur nature et les pays.
Contrairement à ce que certains pourraient en déduire, tout cela ne veut pas dire que les Mères ne soient pas considérées. En fait, c'est bien le contraire. Si l'on compare le comportement des enfants en Afrique, ainsi que ceux d'origine africaine issus de parents immigrés, par rapport à celui des enfants de la plupart des autres pays, on peut dire sans hésiter que les mères sont fêtées presque tous les jours de l'année. Même si les mentalités évoluent depuis quelques années avec l’occidentalisation des moeurs, ce qui fait que de plus en plus de jeunes adultes ne suivent plus toujours aveuglement ou sans réticence les directives de leur mère, les mères occupent toujours une place très importante dans la société africaine, d’une manière générale, et au sein de leur famille, en particulier, mais rarement de manière ostentatoire hors du cercle familial restreint et jamais de façon visible publiquement. Entre autres preuves, on constate que bien des chefs d'état africains, et même des grands dictateurs connus pour leur autorité sans partage, parfois très violente ou inconcevable dans les démocraties occidentales, ont finalement modifié leur position ou sont revenus in extrémis sur la plupart de leurs décisions suite à l'intervention de leur mère, de leur tante, de leur conjointe ou de leur femme préférée.
Il est aussi important de souligner que pratiquement dans tous les pays de l'Afrique subsaharienne, les enfants ont l'habitude d'appeler "Mama" ou "Tante" toute femme en âge d'être leur propre mère, y compris les femmes stériles comme celles qui pourraient avoir des enfants ou qui ont leurs propres enfants, et non pas seulement celle qui les a enfanté, et qu'ils ont aussi un respect quasi sacré pour toute femme qui les éduque, nourrit, soigne, câline, conseille ou s'occupe d'eux d'une manière ou d'une autre, ou même encore qui les porte simplement dans son coeur.
Si elle se situe dans la majorité des pays entre le début de mai (mois de la Vierge Marie... et donc de la maternité) et la mi-juin, elle est célébrée à un moment différent de l’année dans les autres pays, tout dépendant des us et coutumes du pays où elle a lieu, et notamment aussi en fonction de son origine et de sa symbolique (à savoir, le pays et le modèle de fête dont elle s’inspire, par ex. la France, l’Angleterre ou les États-Unis, ou les traditions qui la sous-tendent, par ex. les pays de langue arabe ou Musulmans).
Dans certains pays, il s'agit d'une date fixe (par ex. le 10 mai au Mexique et le 15 août jour de l'Assomption au Costa Rica), alors que dans d'autres pays, la date varie d'une année à l'autre selon une certaine règle (par ex. le 1er dimanche de mai au Portugal, entre le 30 janvier et le 1er mars en Israël, et le dernier dimanche de mai ou le 1er dimanche de juin si ledit dimanche coïncide avec la Pentecôte en France). Par ailleurs, elle est parfois instaurée le même jour que la Journée internationale des femmes (par ex. en Albanie et en Roumanie), conjointement à la Fête des Pères (Fête des Parents en Corée) ou la Fête des Enfants (en Mongolie).
Autrement dit, il n'est pas très facile de s'y retrouver quand on souhaite envoyer une carte de voeux ou offrir un cadeau à une Maman qui habite ou voyage dans un pays autre que celui où on réside soi-même. Afin de vous aider, vous trouverez donc ci-dessous, classées chronologiquement, mois par mois, les dates de la Fête des Mères dans chacun des pays où elle est actuellement célébrée. En face de chaque jour de la Fête des Mères, vous y trouverez la liste des pays (ou le pays) correspondant à cette date, ainsi en tapant CTRL + F, vous pourrez trouver n’importe quelle date dans le monde.
Pour info, il est important de noter que les différentes diasporas qui peuplent le monde suivent, pratiquement tout le temps (ou bien souvent au niveau individuel, jusqu’à la deuxième génération ou plus, jusqu’au moment où la personne se considère intégrée ou assimilée), la règle instaurée par leur pays d’origine ou de la communauté religieuse ou culturelle à laquelle les gens concernés se sentent liés (par ex. les Juifs, les Orthodoxes d’origine russe, les Chinois hors de Chine, etc., ou bien encore les Hongrois et les Français vivant à l’étranger). Ainsi, si connaissez une Maman d’origine étrangère, notamment votre belle-mère si votre conjoint est originaire qu’un autre pays que le vôtre ou si vous faites partie d’une famille recomposée, vous pourrez lui faire une petite surprise au bon moment, celui de la journée dédiée aux mamans dans son pays.
A ce propos, concernant les différences culturelles, il importe de préciser que si les dates varient d'un pays à l'autre et que les traditions diffèrent plus ou moins selon les pays, l'Intention reste la même (gâter sa maman pour lui exprimer sa tendresse mais aussi sa gratitude). Si certains rituels demeurent largement universels, notamment ceux des enfants (préparer à l'école un cadeau fait-main, composer et chanter une chanson pleine d'amour, écrire un joli poème avec une belle écriture soignée sur un parchemin enroulé et fermé par un ruban, etc., ou bien encore servir le petit-déjeuner au lit en posant sur le plateau un petit verre dans lequel sont joliment disposées des fleurs sauvages cueillies au bord de la route ou dans un jardin), d'autres pratiques le sont moins.
Par ex., au Mexique, la veille de la fête, les enfants s’en vont chanter la sérénade à toutes les mamans du quartier. En Allemagne, ce jour-là, les jeunes font tout (cuisine, ménage, etc., et vaisselle) pour que leur mère ne travaille pas. A Moscou (et dans certaines autres grandes villes de Russie), près des stations du métro, des centaines de bénévoles distribuent gratuitement des cartes à l'occasion de la Fête des mères, qu'on peut envoyer par courrier. Aux États-Unis et en Australie, beaucoup de gens portent un œillet à la boutonnière, soit un œillet de couleur si la maman est en vie, soit un œillet blanc si ce n’est pas le cas, alors que les Bouddhistes au Viet Nam portent respectivement une rose rose ou une rose blanche, afin de montrer qu'ils ont une pensée présente ou passée en l'honneur de celle qui les a mis au monde.
En outre, si la Fête des Mères est partout célébrée avec toujours le même enthousiasme par les enfants (les petits comme les moins jeunes, avec plus ou moins de discrétion selon l'âge), malgré le fait qu'ils sont de plus en plus autonomes affectivement, on constate, d'une part, que de plus en plus d'adultes la suivent ou y participent (si on se réfère au nombre croissant de fleurs et de cadeaux achetés dans les magasins et les commerces en ligne durant cette période), et que, d'autre part, de plus en plus de Papas profitent de cette occasion pour fêter leur compagne. Il semble qu'il y ait diverses raisons à cela, entre autres, afin de la remercier d'être la mère de leurs enfants et de manifester leur admiration pour savoir trouver le temps nécessaire de s'en occuper aussi bien qu'autrefois malgré leurs occupations professionnelles, comme s'ils ressentaient le besoin de sacraliser cette journée ou de souligner l'importance qu'ils accordent au rôle des mères face à un certain féminisme qui remet en cause cette fête.